samedi 6 décembre 2008

Mythologies : le hockey

Aux temps jadis, à une époque plus barbare que la nôtre diront certains, sévissaient des combats sous forme de mêlées entre gladiateurs sous les regards avides de sang des spectateurs. Ainsi, les instincts violents des témoins étaient-ils assouvis par projection devant ces visions d’hommes virils qui s’affrontaient souvent jusqu’à la mort. De nos jours, on retrouve la même émotion dans un duel plus étiolé de combattants sous la forme du hockey.

Le hockeyeur, un gladiateur contemporain
D’ailleurs, le terme aréna viendrait probablement de l’arène ovale où combattaient les gladiateurs et qui désignait, au départ, le sable qui le constituait (arena signifie sable en latin). Autour de l’arène se constituaient des estrades en paliers très semblables à ceux que nous retrouvons dans l’aréna moderne.

Le culte voué aux joueurs par les partisans s’apparente également à celui que l’on vouait aux gladiateurs de l’époque romaine qui, au tout début, étaient des combattants dont le sang était censé apaiser les Mânes (sorte de divinités romaines des âmes). De plus, le star système qui entoure les joueurs actuels n’a rien à envier à la renommée qui entourait les gladiateurs à l’époque.

La période contemporaine a vu s’apaiser les mœurs et, ainsi, on n’accepterait plus que nos spectacles mettent à mort leurs protagonistes. Pourtant, l’être humain a tout de même besoin de lutte et de violence, même sous une forme atténuée et, à ce titre, le hockey s’avère une formation de compromis acceptable, mais toujours basée sur la même idée de domination de l’homme sur l’homme dans un duel viril.

La même analyse aurait pu d’ailleurs être faite avec le soccer (ou football européen) dans moult autres pays d’Amérique du sud, d’Europe et d’Afrique où ce sport a une valeur symbolique semblable à celle qu’a pour nous le hockey.

Esprit de clocher
Dans le hockey, l’équipe locale devient tributaire de l’orgueil de toute la communauté en affrontant les communautés situées autour dans un match où il y a presque nécessairement un gagnant et un perdant, autant dire une équipe humiliée et une autre en état de grâce. On n’a qu’à constater l’allégresse qui s’éprend des amateurs pour se rendre compte que l’orgueil des gagnants crée un effet de halo sur la communauté victorieuse. Et de la même manière, vous n’avez qu’à entendre un fan dire « on a gagné » pour comprendre qu’il sent véritablement le triomphe comme sien, se l’approprie, d’autant qu’il s’agit de « son » équipe.

L’effet inverse est également vrai. Bien que l’on accepte que « son » équipe perde parfois, plusieurs défaites consécutives apportent la honte à une équipe, à ses partisans et à toute sa communauté par un semblable effet de halo. C’est l’humiliation de la défaite qui laisse un goût amer à la collectivité entière.

Voilà quelques années, les joutes entre les Maple Leafs de Toronto et les Canadiens de Montréal prenaient ainsi l’allure de combats épiques, puisqu’ils reflétaient un antagonisme déjà violent entre les Canadiens français et les Canadiens anglais. Les victoires de Maurice Richard, ainsi, représentaient le triomphe de tous les prolétaires du Québec qui se voyaient en lui et se reconnaissaient dans son histoire.

1 commentaires:

Z@beille a dit…

T'as eu le temps de voir le dernier numéro de la revue Urbania consacrée au hockey?
J'te dirais que c'est quelque chose... question d'agrémenter le mythe des couleurs des puck bunnies..! lol