lundi 7 janvier 2008

Le choc amoureux

Voici un essai du sociologue italien Francesco Alberoni qui porte sur l'amour et le fait de tomber amoureux un regard novateur. Premièrement, il s'y intéresse, d'abord et avant tout, à l'innamoramento, terme qui n'a pas d'équivalent dans le français contemporain, mais qui, en français du moyen âge s'appelait l'enamourement. En gros, sa thèse, en bon sociologue, est que l'enamourement est un mouvement collectif à deux. Il est en soi un mouvement révolutionnaire en ce qu'il fait s'effondrer les barrières du connu et s'oppose à l'institution, à l'ordre établi. Alberoni s'oppose à la thèse de Freud selon laquelle l'enamourement serait une forme de sublimation de la libido dans une forme acceptable pour le surmoi. Il serait, au contraire, en soi, une fin.

L'amour, sous forme conjugale, serait en fait une institution qui se situerait dans le prolongement de l'enamourement, tout en étant une chose profondément différente. En fait, l'amour conjugal ne passerait pas forcément par l'enamourement.

Là où l'essai m'intéressait particulièrement, c'est quand l'auteur compare l'enamourement et l'amour aux autres mouvements collectifs. En effet, avant de devenir institution, tout mouvement débute par une phase fortement teintée d'émotion et qui s'oppose à l'ordre établi. On n'a qu'à penser au christianisme des commencements par rapport à celui que l'on retrouve dans sa forme actuelle (institutionnalisé).

À lire, donc, pour qui s'intéresse à l'amour, aux mouvements collectifs, aux institutions et aux réseaux.

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