dimanche 11 novembre 2007

Les Exploits de la propagande

Chomsky a débuté comme linguiste et, dans ce domaine, il a révolutionné la manière d'analyser les faits de langage. Puis, il s'est détourné de ce champ pour se consacrer à l'analyse des médias, domaine qui prend de l'importance à l'heure actuelle à cause de l'influence croissante que peuvent avoir ces mêmes médias dans la société actuelle. Leur pouvoir sur les esprits est incontestable et, de plus en plus, ils fabriquent l'opinion public. Chomsky parle ainsi de fabrication du consentement. Quand le pouvoir détient les médias, il détient ainsi l'opinion publique.

En effet, dans une société où l'individu est de plus en plus renvoyé à lui-même et où les liens sociaux s'effritent, chacun se retire dans le confort de son foyer ayant avec lui comme compagnon sa télé, sa chaîne stéréo, sa console de jeux... De toutes ces choses, les grandes corporations ont la mainmise dans la mesure où la société demeure atomisée, les gens étant séparés les uns des autres, isolés. Le pouvoir a ainsi réussi à diviser pour mieux régner. Chomsky dira d'ailleurs : "La propagande est à la société démocratique ce que la matraque est à la société totalitaire".

J'apprécie tout particulièrement un extrait où Chomsky appuie son propos : "Au cours des années 1960, une nouvelle vague de contestation est apparue. On lui a donné un nom. La classe des spécialistes l'a appelée la 'crise de la démocratie', considérant alors que la démocratie entrait dans une période de crise, parce qu'une partie importante de la population s'organisait, agissait et essayait d'intervenir sur la scène politique, ce qui nous ramène à la question de deux conceptions de la démocratie. Selon le dictionnaire, ce genre de crise est un progrès démocratique ; selon la conception dominante, c'est un problème, c'est une crise qu'il faut résoudre. On doit ramener la population à l'état qui lui est propre : l'apathie, l'obéissance et la passivité. Il est donc nécessaire de faire quelque chose pour résoudre la crise"

Il n'en demeure pas moins que le pouvoir considère la population comme des enfants à qui l'on doit montrer comment penser et dont on doit circonscrire la liberté à des zones où celle-ci ne nuira pas aux hautes instances. Ainsi, la plupart des traités internationaux sont discutés à huis clos à l'abri de la population. On n'a qu'à penser au Sommet des Amériques ou alors aux négociations qui ont entouré l'AMI. Ce qui m'amène à la question suivante : quelle est la place du citoyen dans la démocratie ?

Source : Propagande, médias et démocratie, de Noam Chomsky et Robert W. McChesney.

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